La taille des rosiers est l'opération magique par excellence puisqu'il dépend d'elle que nos parterres éclatent, tout l'été, de mille fleurs magnifiques ou qu'ils se languissent, au contraire, dans des floraisons inachevées et chétives. On craint d'en enlever trop, pas assez, de trancher dans des branches indispensables, de négliger les superflues.
Si c'est votre cas, perdez vite ces complexes. Et comme c'est en mars qu'il faut absolument l'accomplir, apprenez-en le sens et les règles.
Les jardiniers plus chevronnés diraient que l'on taille aussi à l'automne, et même, dans certains cas, l'été. Ce n'est pas faux, mais, en ce qui concerne l'été, ce n'est valable que pour les rosiers grimpants non remontants qui se taillent, en effet, après la floraison (juillet-août) .
Pour le reste, retenez que la taille d'automne est une aventure trop risquée. Si l'hiver est peu rigoureux, les « yeux » (bourrelets qui donnent naissance aux rameaux florifères) de la base des tiges taillées se développeront et ils sont en danger de succomber à une gelée de mars-avril.
La taille est, en effet, indispensable pour avoir, durant l'été, une floraison abondante et harmonieuse.
Dans un rosier non taillé, la sève monte naturellement vers l'extrémité des rameaux qu'elle développe en priorité. Ils poussent de manière excessive, et votre rosier prendra des allures dégindandées, sans grâce et ce qui est le pire sans belles fleurs. Car il n'en fournit alors que de petites, nombreuses mais mal formées. Enfin, il disparaît en quelques années.
La taille a ainsi pour objectif de « réguler » la montée de la sève afin d'inciter la plante à produire des fleurs plus grosses, mieux réparties au-dessus du pied, tout en lui conservant la plus grande vigueur possible.
Son but est donc double : donner aux rosiers des soins annuels indispensables pour les garder en pleine santé la taille les rajeunit et augmente leur longévité et leur garder une allure générale esthétique.
La ligne générale de l'opération étant fixée, passons à ses détails concrets.
Tout d'abord, il ne faut pas hésiter à « rabattre » (c'est-à-dire raccourcir ou même supprimer) les tiges qui ont grandi de façon exubérante et qui sont déjà en feuilles. Ensuite, il faut éliminer les fleurs fanées, les « fruits » qui se sont formés, les tiges grêles, poussées de guingois, les extrémités noires qui ont été victimes du gel.
Cela fait, on y voit plus clair pour choisir les cinq ou sept belles branches, régulièrement développées autour du pied, et qui seront seules conservées; elles constitueront la charpente estivale du rosier.
C'est sur elles que s'opère la taille proprement dite.
Sur ces branches, vous comptez deux ou trois « yeux » (bourrelets) à partir de leur base et vous les coupez juste au-dessus, en biseau, le sens de la coupe orienté vers l'intérieur du rosier. Ainsi, les rameaux florifères qui se développeront à partir des « yeux » s'épanouiront vers l'extérieur, donnant une belle forme régulière à toute la plante.
Cette règle des « trois yeux » est générale. Elle convient à peu près à tous les rosiers. Mais comme joute règle, elle comporte des exceptions, que nous allons maintenant étudier, selon les variétés.
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