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EN BREF

La rhubarbe
En tarte, en compote, en marmelade, elle a un goût inimitable. Naguère, il n'était pas un jardin de province qui n'en produise pas, pas une grand-mère qui n'en ait des confitures.

Vous vous devez de renouer avec cette tradition ; il vous suffit de disposer dans un coin ensoleillé de votre jardin d un mètre carré par pied de rhubarbe.

Plantez donc deux ou trois oeilletons de rhubarbe (à queue rouge, elle est plus productive et moins filandreuse) en cette fin de février.

Ces œilletons sont des fragments de racine munis, chacun, d'un assez fort bourgeon et que l'on doit installer dans une terre fraîche, consistante, fertile, à laquelle on aura apporté un peu de terreau de feuilles juste avant la plantation. (Vous recommencerez d'ailleurs, tous les ans, à la même époque, en guise d'anniversaire, mais avec un fumier bien décomposé et en couverture de sol !)

Enfouissez chaque oeilleton en laissant le bourgeon apparent au-dessus du sol. S'il gèle (assez fort), recouvrez la souche d'un paillis de feuilles ou de tourbe, la première année de plantation.

La première année, ne rien récolter. La deuxième, cueillir seulement une partie des feuilles (attention c'est la queue que l'on consomme, pas la feuille !). Mais à partir de la troisième année, vous pourrez réaliser deux récoltes, en mai-juin et en septembre.

Une seule précaution : couper les gros groupes de fleurs (inflorescences) au fur et à mesure de leur apparition; ils fatiguent la plante pour rien.

Le pissenlit
Riche en vitamines — il en a plus que l'épinard ! —, le pissenlit est une vivace : il ne donne sa pleine mesure qu'au bout de deux ans.

Raison de plus pour courir le semer, vers la fin de ce mois, si vous avez envie du goût plein de force de ses feuilles; ou même de vous fabriquer un ersatz de café (sans caféine et excellent pour la santé) avec ses racines séchées puis moulues.

Pour vos semis de fin février préférez le pissenlit « à coeur plein amélioré » ou le « vert de Montmagny » (excellent pour le forçage).

Semez en ligne (2 g de semences au mètre carré) puis plombez — c'est-à-dire : tassez légèrement la terre recouvrant le semis avec le dos du râteau. Ajoutez une couche de terreau en prenant soin qu'elle ne recouvre pas les graines de plus de 1 cm, Repiquage des plants en juin-juillet à 10 cm de distance, en lignes espacées d'une trentaine de centimètres et à 8 cm de profondeur, en rognant l'extrémité des feuilles. Bien bassiner le sol à ce moment, le pissenlit ayant horreur d'être au sec.

Ne récoltez que quelques feuilles par plant afin d'assurer vos ramassages de l'an prochain : cette deuxième année où vos pissenlits seront au mieux de leur forme.

Et, dans la salade, n'oubliez pas les lardons!

La reine-marguerite : pas de bis !
Semez-la dès maintenant et elle fleurira tout l'été. La reine-marguerite (que l'on nomme aussi aster de Chine) est une souveraine sans chichis qui règne avec un parfait naturel aussi bien sur les potées, les jardinières que les massifs. Elle offre même des variétés naines pour les bordures ou les cultures sur les terrasses et les balcons. Et ses variétés à grandes tiges vous permettront de constituer de superbes bouquets.

Annuelle, à fleurs simples ou doubles, la reine-marguerite se sème ce mois-ci, en terrines emplies d'un terreau de multiplication bien tamisé et placées au chaud, dans la maison, et dans une bonne lumière. Ne recouvrez qu'à peine les graines de terreau, mais placez, en revanche, une vitre sur la terrine afin de maintenir vos semis dans une atmosphère humide.

Repiquez ensuite deux fois (une seule risquerait de ne pas suffire) et attendez la fin des gelées, en mai, pour mettre en place à l'extérieur, dans un sol que vous aurez pris soin d'enrichir généreusement en humus frais.

Vous pouvez aussi semer directement en place les potées; mais il vous faut attendre avril, et savoir que sa floraison sera plus tardive. Dans tous les cas, dès les premiers boutons et durant toute la floraison, paillez les pieds et arrosez-les régulièrement. Ils ont besoin de rester au frais.

Dernier détail — mais capital : la reine-marguerite n'accorde pas ses faveurs deux fois de suite au même endroit. Changez-la donc de place, cela est indispensable à sa bonne santé.

Pêcher: gare à la cloque
Si l'hiver est doux, cette maladie du pêcher peut manifester ses premiers symptômes sans attendre le début du printemps : les premières feuilles se roulent, jaunissent, se froissent, puis les boutons vont sécher, les fleurs tomber... Après le printemps, votre arbre va retrouver toute sa santé; mais il ne produira pas de fruits. Commencez à le surveiller pour éventuellement le traiter dès le gonflement des bourgeons, en pulvérisant dessus de la « bouillie cuivrée » (bouillie bordelaise). Vous effectuerez une deuxième pulvérisation deux semaines plus tard, et une troisième, en cours de saison, juste avant la chute des feuilles.

Le champignon responsable de cette maladie des pêchers s'attaque également aux amandiers et aux nectarines et y provoque les mêmes effets.

N'oubliez pas l'épinard
Semez dès à présent vos épinards de printemps : ils vous offriront deux récoltes d'ici à l'été. Il suffit de leur procurer un sol ferme, non récemment ameubli, consistant et frais. Évitez-leur seulement les terres sablonneuses.

L'épinard est un rustique qui se sème dans des sillons profonds de 2 cm, en lignes espacées de 30. Comptez 3 g de graines par mètre carré. Ne pas semer trop serré, l'éclaircissement sur rangs (un plant tous les 10 cm) sera plus aisé.

Attention à ne pas cultiver plusieurs années de suite au même endroit, car il épuise rapidement les sols. Pour ces semis de printemps, les variétés « hybrides F 1 » résistent très bien au mildiou.

Le bleu de l'ageratum
C'est une jolie petite fleur pour constituer massifs et bordures; elle nous vient du Mexique et sa couleur n'est pas tellement répandue dans nos jardins : l'ageratum a des fleurs bleues.

Si sa tendresse vous inspire, semez-la donc, dès maintenant, en terrine, dans un mélange bien tamisé de terre de bruyère, tourbe blonde, terreau et terre de jardin. N'enterrez pas les graines et placez la terrine à l'intérieur, dans une pièce doit la température moyenne sera de 18°.
La levée doit se faire en 7-8 jours.
Quand les plantules vous paraîtront assez solides pour supporter d'être manipulées, repiquez-les individuellement en godets de tourbe, que vous garderez également au chaud dans la maison. Toutefois, au fur et à mesure de la poussée des plantes, vous diminuerez progressivement les températures, jusqu'à les amener à celle de l'extérieur, au moment de la mise en place, en mai.

Les semis d'ageratum déçoivent parfois ceux qui les tentent. Pour ma part j'ai observé que je les réussissais depuis que je veille scrupuleusement à les arroser très régulièrement tout au long de leur croissance. Je vous livre donc mon secret! En plus, je les repique une seconde fois, 6 à 7 semaines environ après le semi; cela accélère la floraison qui s'offre de juin à octobre.

Moyennant ces précautions, l'ageratum prospère à peu près dans tous les sols, même secs ou en bord de mer.

Mettez des fleurs dans vos thuyas
D'accord, elle est superbe votre haie de thuyas ! Mais son strict alignement a quelque chose d'un peu sévère et vous aimeriez bien l'éclairer de quelques taches claires, dans cet angle bien sombre, par exemple, ou au milieu de cette interminable ligne droite...

Une suggestion : vers la fin de ce mois, plantez donc un (ou plusieurs !) Philadelphus au pied de vos conifères. A partir de mai, ses belles fleurs blanches, odorantes, apporteront le charme de leur gaieté à vos sages perspectives de conifères. D'autant plus que, selon les variétés, il vous offre un éventail très large de possibilités décoratives : sa taille peut aller de 0,90 à 3 m. Je vous conseille, pour ma part, de choisir parmi les espèces odorantes les plus grandes, par exemple virginalis (fleurs doubles, 2,50 m), lemonei (fleurs simples, 1,50 m), coronarius (fleurs simples, 2 m).

Un seul de ces arbustes peut suffire à transformer l'aspect du coin de jardin où vous l'aurez planté. Sans problème : le philadelphus est un arbuste rustique, à feuilles caduques, qui s'accommode à peu près de tous les sols et de toutes les expositions, ensoleillées à mi-ombragées. Peu lui importe que le terrain soit calcaire ou sec, il n'a qu'une seule exigence à cet égard : il le lui faut pas trop humide et bien drainé.

Plantez-le donc dès maintenant (fin février) mais attendez sa floraison (en mai) pour le tailler. Vous rabattez, alors, de moitié ses branches. Après qu'elles ont cessé de fleurir, bien entendu !

Hortensias : « la taille au bourgeon »
Le moment est venu de recommencer à s'occuper d'eux: en janvier, s'il ne gèle pas et s'il ne pleut pas (trop !), il faut tailler vos hortensias.

Commencez par supprimer, à la base, toutes les tiges grêles ou mal placées, en particulier celles qui sont au centre. Les autres, déjà solides, n'en seront que plus à l'aise pour se développer.

D'autant plus que vous ne devez pas toutes les tailler. Examinez bien les bourgeons qui les terminent. S'ils sont joufflus et ronds, ne touchez pas à leurs tiges. S'ils sont en forme de dard, supprimez un sur deux des rameaux qui les portent.

Et complétez ce toilettage en enlevant, évidemment les feuilles fanées, et en offrant à votre arbuste un bon paillis de tourbe ou de terre de bruyère pour traverser au chaud les frimas de la fin de l'hiver. Ne lui ménager pas vos soins : il vous les remboursera dans la plus jolie des monnaies, en fleurs!

Dans les régions à climat rude, toutefois, patientez, vous devez attendre la mi-février pour cette taille.


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