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Bouturez en vert

Ne vous laissez pas impressionner : en vérité, n'importe qui peut apprendre à faire une bouture et avoir le plaisir de la voir se développer et créer une nouvelle plante. Il suffit de bien respecter neuf règles qui s'appliquent à tout bouturage — et de bien vous renseigner sur les précautions à prendre au cas où vous auriez envie de les appliquer à une espèce non mentionnée ici.
La première règle est que l'été est reconnu unanimement comme le moment le plus favorable à cette forme de multiplication.
La deuxième règle est que le fragment que vous allez prélever sur la plante mère doit être sectionné avec un instrument parfaitement tranchant et propre. La coupe doit être nette, propre et il ne faut pas lésiner sur l'asepsie : désinfectez lames et couteaux à l'alcool avant et après chaque opération. C'est à une sorte de petite chirurgie végétale que vous vous livrez; il est indispensable de préserver des germes bactériens l'organisme que vous y soumettez — car pour être végétal il n'en est pas moins vivant.
La troisième règle concerne la longueur de tige ou de rameau à prélever. Dans beaucoup d'espèces des tiges de 8 à 10 cm suffisent et, en règle générale, elles ne doivent jamais dépasser 20 à 25 cm (tandis que l'extrémité que l'on veut voir s'enraciner ne sera pas enterrée de plus de 5 cm).
La quatrième règle est inspirée par l'exemple même de la nature : plus elle tient à réussir une opération, plus elle en multiplie les tentatives. Ne vous contentez donc pas de réaliser une seule bouture, faites-en plusieurs, même si vous ne désirez obtenu qu'un seul exemplaire nouveau. Vous aurez d'autant plus de chance d'en voir une réussir.
La cinquième règle concerne le mélange terreux ou vous planterez votre bouture. L'idéal pour sa reprise est constitué, pour moitié, de tourbe et de sable de rivière. Les boutures de certaines plantes (papyrus, laurier-rose, ,Philodendron) peuvent très bien reprendre simplement dans de l'eau où l'on a seulement déposé un morceau de charbon de bois pour en empêcher le pourrissement. Toutefois, dès que les racines apparaissent il faut, comme les autres, les replacer dans un mélange plus nourrissant.
La sixième règle est de ne jamais oublier d'écraser l'extrémité de la bouture destinée à être enterrée lorsqu'il s'agit d'un morceau de tige pure, ayant la consistance du bois.
La septième règle impose de tremper l'extrémité de la bouture que l'on se prépare à mettre en terre dans un bain d'hormones de reprise. Elles décuplent les chances d'enracinement du nouveau sujet et sont la meilleure garantie du succès. C'est grâce à elles que les professionnels connaissent, en ce domaine encore plein d'aléas i] y a quelques dizaines d'années, un pourcentage de réussite aujourd'hui très élevé. On les trouve dans le commerce en poudre ou en liquide (type Rootone) .
La huitième règle en contient trois à elle seule; chacune tient en un mot : chaleur — lumière — humidité. Ce sont les trois éléments indispensables à une bonne reprise et au développement de la bouture. La lumière doit être vive, mais pas violente. Au besoin tamisez-la. L'humidité doit être constante mais se garder de tout excès. Avec les espèces fragiles, redoublez de soin : coiffez les pots où vous les aurez plantées d'un sac plastique transparent qui les maintiendra dans une atmosphère humide.
La neuvième règle vous impose de bien choisir, sur la plante mère, la partie de tige qui va devenir cette bouture. Prélevez-la juste au-dessous d'un « oeil » (un bourgeon), vous lui donnerez encore plus de chance de s'enraciner sans difficulté.
Selon les espèces, toutefois, vous ne préparerez pas le même type de bouture.

• Sur Troène, Érable, Clématite, Cotonéaster, Tamaris, Groseillier, Cassissier, Vigne, vous prélèverez une bouture de bois sec et des rameaux sans feuilles.

• Sur Vigne vierge, Aucuba, Berbéris, Buddleia, Buis, Cognassier à fleurs, Houx, Laurier, Chèvrefeuille, Jasmin, Buisson ardent, Rhododendron, Azalée, Rosier, Oranger, Citronnier, optez pour des rameaux feuillus. Avant juillet, ils seront semi-ligneux; de juillet à septembre ils seront devenus bois (on dit qu'ils seront « aoûtés ») .
Dans les deux cas, il faut diminuer le feuillage éliminer les feuilles de la base et réduire celles du haut.
• Avec la plupart des plantes d'appartement vous réaliserez (en fin de printemps, sous châssis et à l'étouffée) des boutures avec les pousses herbacées.

• Sur Sumac, Robinier, Paulownia, lors du repos de la végétation, vous ferez des boutures de racines.

• Enfin, pour multiplier le Bégonia Rex ou le SaintPaulia (entre autres), vous entreprendrez la bouture de feuilles. Après avoir appliqué la face inférieure d'une feuille sur du terreau humide, vous découperez celle-ci en petits carrés. Chacun de ces petits carrés, entretenu dans une chaleur humide, doit donner naissance à une nouvelle plante...

Tout cela vous paraît peut-être bien compliqué pour parvenir à obtenir une plante que l'on peut, pensez-vous, cultiver tout simplement en en semant des graines! La réalité n'est pas aussi simple. D'abord beaucoup de plantes d'origine exotique ne produisent pas, sous nos climats, de graines amenées à une maturité suffisante pour les reproduire. Ensuite, les graines ne restituent pas:, à coup sûr tous les caractères de l'espèce dont elle est issue. Tandis que par bouturage vous êtes assuré de retrouver très exactement une plante identique.


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