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Bouturez le géranium

La fin de juillet (ou le début d'août) est en effet la grande saison de la préparation des boutures du géranium que tout le monde conniiît et dont beaucoup ignorent les véritables ressources. Car elle ne compte pas moins de 250 espèces!

Pour réaliser ces boutures, munissez-vous d'abord d'une lame bien tranchante et coupez, d'un trait net, environ 10 cm des plus belles extrémités de quelques plants. Enlevez les deux feuilles de la base, diminuez de moitié celles du sommet (de manière que leur respiration consomme moins d'eau) et voilà votre bouture prête. Vous allez ensuite la planter dans un petit pot empli d'un mélange de sable et de tourbe. Mais auparavant, je vous conseille de tremper sa base dans une poudre d'hormones « de reprise ».
De vieux jardiniers remplacent cette opération due à la biochimie moderne par un vieux truc qui ne manque pas non plus d'efficacité : à la base de la bouture, ils piquent un grain d'avoine dans la tige. En germant, celui-ci libère des hormones qui aident la reprise de la plante.

Quel que soit le système de votre choix, plantez la bouture dans le pot et installez-la, dans le jardin, à l'abri du vent et du grand soleil. Pour ma part, je couvre même les pots, les premiers jours, d'une feuille de papier journal. Bien entendu, arrosez très régulièrement jusqu'à ce que les racines aient bien poussé.
On ne cultive guère, chez nous, que deux espèces de géraniums : celui dit « des fleuristes », ou géranium zonal, et le géranium-lierre.

La chaleur de l'été le comble, mais il craint le vent, l'ombre et le froid. Pensez-y donc en choisissant les coins de votre jardin que ses fleurs roses, blanches, pourpres, rouge vif (rouge géranium) illumineront durant l'été. Pensez-y encore plus lorsque les beaux jours vont s'éloigner : il faut le rentrer à la maison avant les premières gelées et lui faire passer l'hiver dans un endroit où il aura au moins 6° ou 7° et assez de lumière. Laissez-le dans son pot de l'été: il y sera très bien car il fait partie de ces espèces vivantes qui « dorment » quand vient le froid. Cette période de « dormance » sera d'autant plus profonde que la terre du pot sera plus sèche. Pas d'arrosage, donc, mais seulement une légère humidification pour éviter qu'apparaisse la pulvérulence d'un sol par trop déshydraté.
Et faites confiance à son horloge biologique : lorsqu'il commencera à émettre de nouvelles tiges, un peu pâles, vous pourrez être assuré que l'hiver touche à sa fin. Vous taillerez ces tiges aux trois quarts quand la reprise de végétation sera effective. Et c'est alors que vous devrez la préparer à faire sa rentrée au jardin : rempotage, dans un compost bien nourrissant mêlé à 1/3 de terre de jardin et enrichi d'une pincée d'engrais azoté.
Vous pouvez aussi le garder en végétation tout l'hiver, dans la maison; mais il ne faudra pas oublier de « pincer » (sectionner à l'ongle) les tiges, régulièrement, afin de les empêcher de trop grandir.
En vérité, cette plante que nous appelons géranium (et dont le nom savant est Pélargonium) porte un peu indûment ce nom : le vrai géranium de la nature (nommé aussi « bec de grue ») est une vivace qui fait merveille dans les rocailles, celui que nous cultivons est celui des fleuristes et il est bien regrettable que ceux-ci ne nous proposent que très rarement d'autres variétés de Pélargonium, comme ce « géranium-menthe » (ou Quercy-Follium) dont les feuilles veloutées embaument la menthe quand on les froisse.
On ne lui connaît que deux ennemis : certains insectes qui sont fort amateurs de son goût intense et des bactéries qui trouvent dans ses tissus mous un terrain d'élection pour se développer.
Ces insectes sont tout spécialement : les chenilles de noctuelles qui rongent les feuilles et y laissent des trous circulaires très reconnaissables; les larves de charançons (otiorrhynques) qui mangent les racines et dont la présence est relevée par le dépérissement de la plante; les larves de la mouche blanche qui se tapit sous les feuilles et que l'on voit s'envoler au moindre contact étranger sur celles-ci. Ces larves sont en outre identifiables, formant de minuscules écailles vertes sur la face interne des feuilles.
Contre ces « mangeurs » de géraniums, un seul traitement : des pulvérisations d'insecticide non toxique à base de roténone ou de produits du type « insectes-sol ».
La présence d'une bactériose se diagnostique aussi aisément, mais à d'autres signes : des taches noirâtres entourées de jaune apparaissent sur les feuilles tandis que les tiges deviennent, en certains endroits, transparentes. Ici, pas de demi-mesure : coupez tiges et feuilles malades (et brûlez-les, sous peine de propager la maladie) et, au printemps, pulvérisez les plants qui ont été atteints avec une bouillie cuprique.


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